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A propos de « Portraits chroniques » Posséder pour viatique un pouvoir multiplicateur en soi et oublier
que l'assujetti conscient se pense inférieurement à ce temps que lui fit naître
de soi cette pensée toute conceptuelle, que ce malaise à soi-même se nomme
nous gagnerions probablement en présence et saurions en quoi l'œuvre plus
durable est plus ancienne que l'artiste en la notion... vie et peut-être
non-vie le veulent ainsi que du pressentir à l'être il y ait la vie ordinaire
entre. Un matériau en somme dont il n'est rien de l'œuvre à l'étant. L'œuvre qui en son doute même dramatise la pensée, mais encore que
d'un concept renié c'est l'œuvre à l'œuvre qui institue la dite pensée. Nous
irions bon train mettrions en abîme et redirions volontiers ce que l'œuvre
annule lorsqu'elle atteint son but. La vieillesse en portrait atteint à l'accord secret de notre solitude
en l'œuvre, atteint à la plus simple nécessité de parti-pris devant notre
temps alloué, le temps qu'il nous reste de vivre... Chacun devant soi-même comme debout en acte et en présence, aussi
bien que devant soi-même l'éternité (en procèderait-elle) nous sommes en
situation de portrait, rien là que d'authentique en la demeure. Que le monde réponde de nous-mêmes, c'est biologiquement un univers,
que l'esprit réponde de l'esprit, selon son processus particulier nous
atteindrons, cela se pourrait-il, à la présence universelle? Mais toute idée de présence précocement conçue s'abolit en l'être en
lui nommant ce plaisir immédiat outre apparence, outre appartenance aussi. De
cette présence susdite se dévoile en contre-néant l'évidence de notre choix,
faisant but et fruit à notre dire cet ensemble de figures de petites
grand-mères et de petits grands-pères nommés en leur individualité. Sans complaisance toutefois il nous apparaît que l'Art représentant
humainement son avoir, son public trouvera là substance possible à sa
relation au monde, à l'être et à l'étant, au moi et au soi. Il sera donc
loisible de discourir sur ce propos d'art du portrait en maisons de retraite,
chacun selon sa demande existentielle sonnerait plus de vérité. Que cela
puisse être au bien nul besoin de s'en convaincre, le corps médical lui-même
en a souligné les bénéfices psychologiques. Les bénéfices esthétiques seront
que le beau dans son immédiateté se révèle un bien dans son fonctionnement
(moyens de l'œuvre comme fma1ité de l'œuvre à l'œuvre). Daniel Juré
février 2002 |